Quelques études de textes...
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××× Candide de Voltaire :
chapitre 18 (incomplet)
chapitre 19 (inexistant pour le moment)
chapitre 30 ( " )
CANDIDE de Voltaire, Chapitre 1er
Candide ou l'optimisme est un conte ou, comme l'appelle son auteur, un petit roman, une plaisanterie publié en février 1759. Son auteur, François-Marie Arouet dit Voltaire, est installé à Ferney où il jouit d'une immense fortune. Il a 65 ans. L'ouvrage est présenté comme une oeuvre traduite de l'allemand, comme pour faire croire à un manuscrit authentique écrit par le docteur Ralph. Le chapitre 1er est le chapitre d'ouverture, d'exposition du conte, où nous découvrons un univers de la grandeur, du château où vivent divers personnages.
Nous verrons tout d'abord que Candide occupe une place privilégiée dans ce chapitre, puis que l'ironie permet à Voltaire de critiquer la noblesse. Et enfin, nous découvrirons dans cet univers, Pangloss, la foi dans l'optimisme.
I) Candide
Candide est le premier présenté dans le 1er chapitre. C'est un personnage éponyme (= il donne son nom à l'oeuvre).
a) Son nom
Son nom est
déjà un portrait :
candidus -> blanc -> ingénu, pur, innocent. Ce nom annonce
déjà pour le lecteur un caractère.
b) Portrait moral
C'est un jeune garçon tranquille. Les habitudes de Candide sont plutôt douces, il est incapable de violence. C'est un être transparent, incapable d'hypocrisie, de dissimilation, "sa physionomie annonçait son âme". Il sera une proie, une dupe fragile.
c) Sur le plan de l'esprit
"le
jugement assez droit, avec l'esprit assez simple"
Candide est naïf mais il n'est pas sot. Il est capable
d'évoluer, de s'améliorer.
d) Sur le plan social
Il est
déclassé car c'est un bâtard, un enfant naturel. Les anciens
domestiques soupçonnaient qu'il était le fils de la soeur du
baron et d'un bon et honnête gentilhomme. C'est un marginal qui
n'appartient pas vraiment à l'aristocratie : "le petit
candide". Il est présenté au début et à la fin du 1er
chapitre comme s'il était extérieur à la famille du baron. Il
détonne dans ce monde qui cultive la grandeur (3ème §). Il
occupe une situation précaire, éphémère mais il est pourtant
dépendant de cet univers.
Il est doublement attaché aux lieux (Thunder-ten-tronckh et
Pangloss). Socialement, Candide subit un conditionnement social
et culturel. Il admet les discours de Pangloss car il n'a aucun
point de comparaison. Il n'a pas de préjugés. Il subit plus
qu'il n'agit. Son attitude laisse figurer qu'il n'aura pas un
rôle moteur dans l'intrigue. Il est installé dans un bonheur
illusoire.
Voltaire va profiter de cet univers pour critiquer la noblesse.
II) Une satire de la noblesse
Le narrateur est assez présent dans le chapitre 1er ("je crois") mais il est surtout présent à travers son point de vue qui apparaît dans le chapitre 1 et dans la critique des préjugés de la classe aristocratique. Pour Voltaire, la noblesse allemande est affectée de 2 tares (=grave défaut) : l'orgueil des origines et la pauvreté.
a) L'orgueil des origines
Voltaire s'est
amusé avec le nom du baron : il a crée un nom très rude à la
prononciation :
- consonnes dentales "T" et - gutturales "G"
-> Thunder-ten-tronckh
C'est un nom ridicule, hostile pour ironiser. La particularité
de cette noblesse nourrit les prétentions généalogiques.
Voltaire a pris soin d'alourdir le style de cette phrase
"...les anciens domestiques..." en utilisant beaucoup
de subordonnées qui montre le tatonnement de cette famille.
L'univers du baron apparaît clos, rigide, fermé, ruiné;
b) La pauvreté
Cet univers est
complètement fermé, coupé du monde, c'est un monde qui est sur
le déclin. Derrière un discours valorisant, le narrateur laisse
entendre qu'il dénonce ce qu'il loue : "Monsieur le
baron", "sa grande salle", "son
grand-aumônier". Toutefois, le vicaire a plusieurs emplois,
ce qui contredit cette puissance et met en doute la fortune du
baron, elle ne tient que par le discours. Cette grandeur est
niée par des faits matériels.
Les considérations de la baronne ne viennent pas que de son
poids. Le verbe "paraître" est employé plusieurs fois
dans le texte. Le fils n'est rien puisque le père n'est rien. Le
baron donne une impression d'ordre et de puissance mais personne
autour n'a d'identité.
L'emploi des superlatifs suggère tout ce que cet optimisme peut
avoir de négatifs.
III) Pangloss ou la foi dans l'optimisme
Pangloss est
précepteur, chargé de l'instruction des enfants. L'optimisme
est inspiré d'un philosophe de l'époque de Lubniz (1646-1716),
un allemand qui conçoit que le monde des hommes est le meilleur
possible. Dieu a rendu le monde habitable, sinon parfait car la
perfection appartient au divin.
Il y a une certaine logique des évènements qui s'enchaînent
(cause/effets). Lubniz pense qu'il n'y a pas de place pour le
hasard. Pour Voltaire, cette philosophie est en marge de
réalité. Pangloss est le dernier personnage présenté,
toutefois il est présenté comme un oracle.
"il prouvait admirablement" Les compétences du
personnage ainsi que ses théories sont présentées
pompeusement. Pangloss enseigne la
méta-physico-théologo-cosmolo-nigologie. C'est une science qui
suppose de nombreux savoirs en métaphysique, théologie, et
cosmolonigologie. Cette science valorise Pangloss. Il y a 2
syllabes qui romptent le charme du personnage : ni et go
(nigaud).
Tout le discours de Pangloss est présomptueux par l'abondance de
liens logiques : "car", "pour",
"aussi", "et", "par
conséquent",...
CANDIDE de Voltaire, Chapitre 3
du début à "...coupés."
Candide, après avoir été chassé du château, subit l'enrolement et l'instruction militaire bulgare. Il déserte mais bénéficie de la clémence royale. Dans ce chapitre 3, il est confronté à une bataille et aux suites du massacre.
Nous verrons, dans un premier temps, l'ouverture du combat puis, la bataille elle-même et enfin, le tableau réaliste de la guerre.
I) L'ouverture du combat
La guerre est présentée comme une véritable fanfare, un divertissement musical. Le rythme est léger, allègre.
"|Rien n'était| |si beau|, |si leste|, |si brillant|, |si bien ordonné| |que les deux armées|"
.........3..............2.............2..............3...................5.........................5.............. -> souci musical, rythmique dans les propos de Voltaire.
La 2ème phrase
présente la composition de l'orchestre : les trompettes (les +
aigus) et les tambours (les + graves). Derrière les tambours
sont censés être les timbales mais ce sont les canons.
-> parade militaire ->beau, leste, brillant...or, nous
sommes à la guerre. Le mot "canon" est renforcé par
le mot "enfer".
Au début du chapitre, Candide est victime de sa candeur. Il a
l'impression de voir un spectacle particulièrement beau où
l'armée est présentée comme un orchestre. Il est fasciné
auditivement et visuellement.
II) La bataille, le combat
Il n'y a seulement
que 6 lignes de combat. Candide assiste au combat, il regarde les
soldats tomber comme des soldats de plomb. Mais il ne réalise
pas qu'il s'agit d'une bataille où meurent des hommes. Les
hommes subissent, ce ne sont que des objets, les sujets étant
les armes : "la baillonnette". Les hommes perdent leur
identité individuelle. La bataille se comporte en 3 parties : la
baillonnade, la mousqueterie puis la baillonnette. L'ensemble des
étapes cause de nombreux morts.
"...le tout pouvait bien se montrer à une trentaine de
mille âmes..." Voltaire n'hésite pas à exagérer sur le
nombre de morts. Le mot "âme" est surprenant, il
désigne les morts au soir d'une bataille. Voltaire en profite
pour "décocher quelques flèches" à l'optimisme en
précisant que ce sont des coquins qui infestaient la surface du
globe. Les effets de la guerre sont présentés, ici, comme s'il
y avait une espèce de justice. Elle débarasse le monde de tous
les êtres peu recommandables, qu'il appelle "coquins".
Désinvolture de Voltaire : "environ", "à peu
près"...ton léger.
Les faits, dans la 2ème partie du texte, démentent cette
désinvolture, ce désoptimisme. On se rend compte qu'il dénonce
l'absurdité de la guerre.
Toute la fin du 2ème § parle de Candide. Il se révèle plutôt
poltron, lâche face à la guerre. Allusion comique de la part de
Voltaire qui compare Candide à un philosophe mal à l'aise au
milieu du combat. Il compare la guerre à une "boucherie
héroïque" -> oxymore. Le fait d'associer ces 2 mots le
rabaisse, le dégrade.
III) Le tableau de la guerre
Chacun
dans son camp se déclare vainqueur.
Les Te Deum sont des chants, des actions de louange à
Dieu. Voltaire est choqué que l'on invoque Dieu en période de
guerre. Pour lui, Dieu n'a pas sa place sur un champ de bataille,
en guerre.
On voit encore Candide fuir, avec un but bien précis :
"raisonner ailleurs des effets et des causes". Rien ne
se produit sans cause particulière. Candide est
particulièrement frappé par le spectacle qui s'offre à lui :
"des membres palpitants", "mamelles
sanglantes", "bras et jambes coupés". On constate
un changement de ton à partir de ligne 16-17. Ton ironique,
caustique.
Il insiste sur ces liens étroits entre la cause et la
conséquence.
Logique des finalités, des conséquences. Toutefois, on peut se
rendre compte que cet optimisme est déconsidéré par Voltaire
-> à cause de l'abondance de liens logiques.
Il tient des raisonnements qui sont, en réalité, faux. Toutes
ces anomalies mises en place par Voltaire soulignent le monde de
la noblesse, qui est complètement illusoire : illusion du
pouvoir, illusion de la richesse, illusion de la connaissance,
illusion du rang social, illusion de Candide qui ne connait rien
de ce monde.
L'incipit répond aux questions que le lecteur se pose au début
du conte. Il répond à la question "Qui ?" avec le
personnage de Candide dont Voltaire fournit un portrait à la
fois physique et moral. Le héros est un jeune garçon mais
également un élève modèle. Les autres personnages constituent
la baronnie. Voltaire peut ainsi répondre à la question
"Où ?". Le château des Thunder-ten-tronckh est un
espace clos, figé. Les personnages qu'abrite le château sont
définis selon leur physique. Toutefois, cette société est
harmonieuse, heureuse mais on perçoit une critique de Voltaire
-> cette classe, cette société est trop rigide donc, à
demi-ruinée.
Pangloss s'est présenté comme le précepteur des enfants, il
fascine ses élèves. C'est un univers stable, ordonné, or
certains éléments viennent bousculer cet ordre. Ainsi
Cunégonde surprend Pangloss et Paquette dans cette leçon de
physique expérimentale. Autre élément facteur de désordre :
attrait amoureux entre Candide et Cunégonde. Le chapitre se
termine d'ailleurs par "tout fut consterné".
Candide est un bâtard, le seul capable de changer. Il va naître
à la réalité du monde extérieur.
"Selon les lois du droit public"
Juste après ce dernier trait caustique, il n'y a plus d'humour
mais seulement la dure réalité de la guerre. Le tableau est
dons cruel, très dépouillé, où s'oppose l'horreur physique et
morale.
Une scène assez sobre; les soldats sont considérés comme des
bouchers, ils tuent des femmes, des enfants, des vieillards, mais
ils sont vus comme des bêtes. Voltaire rabaisse l'homme à un
animal. La philosophie de l'optimisme est mise à mal puisque
nous étions censés croire que seul les coquins étaient
victimes de la guerre.
==> Au terme de ce chapitre, Candide va s'éloigner de la guerre, de ce champ de bataille. Cet épisode a permis à Voltaire d'exprimer son point de vue, de critiquer l'optimisme de la guerre par le biais de l'ironie. Il dénonce l'absurdité de la guerre qui fait déjà autant de victimes dans les 2 camps. Il dénonce aussi le mécanisme de la guerre qui donne une image séduisante de la guerre, et qui donne aussi l'illusion à tout homme de pouvoir devenir un héros. La candeur de Candide révèle au lecteur l'horreur de la guerre. En même temps, elle dénonce l'optimisme.
CANDIDE de Voltaire, Chapitre 18
de "Vingt belles filles..." à "...l'étonna le moins."
A l'issue de son passage chez les Oreillons, Candide et Cacambo sont las et s'abandonne au cours d'une petite rivière. Ils traversent de nombreux obstacles, de nombreux dangers et font naufrage dans un pays fabuleux : Eldorado. On peut voir certaines similitudes du paradis originel. Après leur découverte du pays et leur entretien avec le bon vieillard, il découvre la ville et s'entretiennent avec le roi.
C'est cette deuxième partie que nous étudierons puisque nous sommes déjà dans le chapitre 18. Nous pouvons déjà contempler le merveilleux contenu dans l'Eldorado, mais Eldorado est une utopie. Mais quelle est la fonction de l'utopie d'Eldorado dans la philosophie de Voltaire ?
I) Le merveilleux
Le merveilleux est caractéristique du conte. Voltaire est donc traditionnel lorsqu'il l'utilise.
a) Le gigantisme
"les
grands officiers, les grandes officières"
"les édifices publics élevés jusqu'aux nues"
"une galerie de deux milles pas"
"à peu près la millième partie de la ville"
b) L'abondance - la prodigalité
"chacune
de mille musiciens" -> à travers les chiffres
Tout est exprimé au pluriel : "les fontaines, les
édifices, les marchés..." -> articles
définis au pluriel
Il y a un certain flou dans la description : "toute pleine
d'instruments"
Eldorado se présente comme une hyperbole du monde connu.
c) Cacambo et Candide sont sous le charme
"ce
qui le surpris davantage" -> surpris du bon côté
"et qui lui fit le plus plaisir"
"jamais on ne fit meilleur chair", "jamais on eu
plus d'esprits à souper parmi sa majesté" ->
superlatif. Cela souligne la magnifiçance d'Eldorado.
d) L'exotisme
"d'un tissu de
duvet de colibri", "fontaines de liqueur de canne à
sucre", "gérofle, canelle".
Eldorado est une ville particulièrement agréable pour ses
parfums contrairement au Paris du XVIII -> nauséabond.
Voltaire, par le biais de l'exagération (des chiffres, des
richesses), empêche le lecteur d'adhérer à cette fiction. Il
s'amuse au détriment de ses personnages -> de leur naïveté.
La dimension humoristique, comique apparaît à travers 4
questions -> ligne 101 à 106.
Le merveilleux tourne au ridicule par ces questions. Cacambo
apparaît aussi naïf, dépaysé que son maître.
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